|
|  |
| Indicateurs Economiques |
Du 3 au 7 novembre 2008 |
 |
|
Par
Eric Vergnaud
Département des Etudes
Economiques du Groupe BNP Paribas |
|
|
| La crise financière est loin dêtre finie et la crise économique saccentue |
|
Aux Etats-Unis, le PMI manufacturier (enquête ISM) est tombé de 43,5 en septembre à 38,9 en octobre, son plus bas niveau depuis 1982. En outre, en passant sous 41, lindice signale une contraction de lactivité dans lensemble de léconomie, ce qui est dailleurs attendu au T4. En effet, les services sont également sévèrement touchés : lindice dactivité sest inscrit à 44,4 en octobre, un plus bas historique, alors quil se situait encore à 50,2 en septembre. Lemploi continue de se détériorer de plus en plus rapidement. En octobre, les effectifs ont reculé de 240k dans le secteur non agricole, après une baisse de 284k en septembre. Il sagit des plus mauvais résultats depuis novembre 1991 (-292k), et en deux mois, les effectifs ont plus reculé quau cours des six mois précédents. Dans ces conditions, il est acquis que la Fed va poursuivre lassouplissement monétaire, très probablement par de nouvelles mesures quantitatives, même si une baisse supplémentaire des taux ne peut être totalement exclue. Par ailleurs, la nouvelle administration qui sera en place au début de lannée prochaine devrait décider des mesures de soutien à léconomie qui, conjuguées à lensemble des dispositifs déjà mis en place, pourraient permettre au PIB de renouer avec la croissance avant la fin de lannée prochaine.
Dans la zone euro, les enquêtes dessinent les mêmes perspectives de décélération marquée de lactivité conduisant léconomie européenne en phase de récession. Le PMI du secteur manufacturier a atteint son plus bas historique à 41,1 en octobre, alors que la composante relative aux nouvelles commandes, bon indicateur avancé de lactivité, a abandonné 5 points, pour atteindre elle aussi, un plus bas historique, à 36,2. Le PIB devrait avoir de nouveau reculé au troisième trimestre, dau moins 0,1% t/t (publication le 14 novembre prochain), après -0.2% t/t au deuxième, et il devrait en être de même au quatrième, avec une baisse cette fois plus marquée (autour de 0,5% t/t).
La dernière enquête trimestrielle de la BCE (octobre) sur la distribution du crédit bancaire au sein de la zone euro, publiée aujourdhui, fait ressortir le durcissement supplémentaire des conditions doctroi de crédit aux entreprises, au troisième trimestre. Cela est dû tant à la détérioration des perspectives économiques, quau renchérissement du financement des banques et à leurs contraintes de bilan. Le resserrement des conditions doctroi concerne également les crédits aux ménages (consommation comme immobilier), quoique dans une moindre mesure. Les banques interrogées ont signalé un nouveau recul de la demande de crédit, tant en provenance des entreprises que, là encore de façon moins marquée, des ménages.
Dans ces conditions, cest sans surprise que la BCE a abaissé ses taux directeurs de 50 points de base jeudi, ramenant le refi à 3,25%, après une réduction de même ampleur il y a un mois (le 8 octobre à loccasion dune action coordonnée avec la Fed, la BoE, la Banque nationale suisse, la Riskbank suédoise et la Banque du Canada). Dautres baisses vont suivre, compte tenu tant des médiocres conditions économiques et du stress financier, que de lamélioration sur le front des prix. Linflation pourrait repasser sous 3% dès novembre, après être déjà revenue de 3,6% à 3,2% entre septembre et octobre. Les effets de la récession économique, conjugués au recul des prix des matières premières, pourraient même permettre un retour vers le niveau de 2% avant la mi-2009, dégageant des marges de manuvre supplémentaires pour la poursuite de lassouplissement monétaire. Le Président de la BCE a dailleurs précisé que la possibilité dune baisse de 75 pb des taux avait été étudiée par le Conseil des gouverneurs du 6 novembre. Le refi pourrait être ramené à 2% dici à la mi-2009, avec une nouvelle baisse de 50 pb dès la réunion du 4 décembre.
Au Royaume-Uni, cest de 150 points de base que le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque d'Angleterre a décidé de baisser son taux directeur, le ramenant à 3 %, soit au plus bas depuis 1955. Cette décision a été motivée par une forte révision à la baisse des prévisions de croissance et dinflation, qui seront publiées la semaine prochaine. De plus, la BoE sinquiète que laccès au crédit soit resté difficile, malgré les mesures dampleur prises pour fournir des liquidités aux banques et les recapitaliser. Lassouplissement monétaire nest pas encore parvenu à son terme, avec une nouvelle baisse du taux directeur dès décembre, de 50 pb cette fois.
Les tensions sur les marchés monétaires se résorbent lentement. Les baisses de taux directeurs de la BCE continuent de nêtre que partiellement répercutée sur les taux interbancaires à trois mois. Ainsi, lEuribor 3 mois nétait-il revenu quà 4,47% vendredi contre 4,59% la veille (soit au fixing avant la décision de la BCE). Par conséquent, le coût de la liquidité à trois mois demeure élevé à 170 points de base le vendredi, contre 180 la veille. Sur le compartiment sterling, les effets de la baisse de taux de la BoE ont été plus tangibles, le coût de la liquidité à trois mois baissant de 36 pb à 197 pb vendredi. Le Libor sterling 3 mois a perdu plus de 105 pb, à moins de 4,50 %, contre 5,56 % jeudi.
|
 |
|  |
|