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| Indicateurs Economiques |
Du 17 au 21 novembre 2008 |
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Par
Eric Vergnaud
Département des Etudes
Economiques du Groupe BNP Paribas |
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| Deflation ? |
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Les dernières données économiques en provenance des Etats-Unis ne font que confirmer la gravité de la situation. Les ventes au détail se sont contractées de 2,8% m/m en octobre (en termes nominaux), quatrième baisse consécutive et surtout plus fort recul depuis que la série est publiée sous sa forme actuelle en 1992. La production industrielle a certes rebondi en octobre, avec une progression de 1,3% m/m, mais la tendance de fond reste négative avec un recul de plus de 12% en données annualisées pour les trois derniers mois. Les indicateurs avancés ne plaident pas pour une amélioration de la situation à court terme. Ainsi, en octobre, lindice PMI synthétique pour le secteur manufacturier a atteint son plus bas niveau depuis la récession de 1982. En outre, les enquêtes régionales des Feds de New-York et de Philadelphie, premières informations portant sur novembre, suggèrent la poursuite de la détérioration de lactivité manufacturière. Enfin, les premières inscriptions au chômage (données hebdomadaires) ont atteint leur plus haut niveau depuis 1992, à plus de 540 000 au cours de la semaine du 15 novembre, signe supplémentaire après le rapport emploi doctobre, de la rapidité de la détérioration à luvre sur le marché du travail.
Dans la zone euro, la situation économique continue également de se détériorer rapidement. Ainsi, selon les estimations flash des enquêtes PMI pour novembre, lactivité sest littéralement effondrée dans le secteur manufacturier, lindice global abandonnant 5 points par rapport au mois précédent, et elle a continué de se contracter dans les services. Lindice composite dactivité est tombé à son plus bas niveau historique, à 39,7, ce qui annonce une contraction du PIB denviron 0,5% t/t au T4. En outre, ce recul de lactivité est appelé à se poursuivre dans les prochains trimestres, si lon se fonde sur la composante relative aux nouvelles commandes, tombée, elle aussi, à un plus bas historique. Le PIB devrait progresser de seulement 1% pour lensemble de lannée 2008, soit une nette décélération après une croissance de 2,6% en 2007, et pourrait se contracter dun peu plus de 1% lannée prochaine.
Le ralentissement de lactivité et le recul de linflation ont relancé le thème de la déflation, alors que celui dune envolée durable de linflation vient tout juste de disparaître.
En effet, aux Etats-Unis, linflation totale sest repliée à 3,9% en octobre, contre 4,9% le mois précédent et un pic de 5,6% en juillet. La baisse mensuelle de lindice des prix a atteint 1%, soit un record depuis 1947. Si la chute de la composante énergie (-8,6% m/m) est la cause essentielle de ce résultat, il convient de ne pas négliger leffet de la hausse du dollar, dune part, et de la détérioration marquée de lactivité, dautre part. Ainsi, linflation sous-jacente a reculé de 2,5% en septembre à 2,2% en octobre, lindice hors énergie et alimentation diminuant pour la première fois depuis 1982, certes de manière très modeste (-0,1% m/m). Lensemble de ces facteurs vont demeurer à luvre au cours des prochains mois et trimestres et, par conséquent, linflation totale pourrait revenir vers 1% dès le mois de novembre, puis sinscrire nettement en zone négative durant lété (compte tenu de la comparaison avec lété 2008 lorsque les prix du pétrole avaient atteint leur pic), avant de rebondir en fin dannée. Au total, après 3,9% cette année, linflation devrait être nulle en moyenne lannée prochaine. Dans la zone euro également linflation devrait nettement reculer au cours des prochains mois, quoique dans une moindre mesure quaux Etats-Unis, compte tenu du poids des prix administrés et dune moindre flexibilité des salaires. Néanmoins, elle pourrait sapprocher de zéro à la mi-2009, avant de rebondir, comme aux Etats-Unis, en fin dannée.
Compte tenu de limportance des effets de base liés aux prix de lénergie dans ce fort recul de linflation aux Etats-Unis, comme dans la zone euro, il parait dès lors inapproprié de parler de déflation. Celle-ci désigne en effet une période longue de recul du niveau général des prix. Or, en 2009, de nombreuses composantes des indices de prix continueront de progresser et ceux-ci ne baisseront que durant quelques mois.
Néanmoins, les Banques centrales vont être attentives à éviter un effondrement des anticipations de prix, comme elles se sont attachées il y a quelques mois à maîtriser leur hausse. Les taux directeurs vont donc de nouveau être abaissés en décembre, lobjectif des Fed funds étant ramené à 0,50% et le refi à 2,50%. Celui-ci pourrait même passer sous 1,5% avant la mi-2009. De son côté, la Fed pourrait recourir encore davantage aux mesures quantitatives dassouplissement monétaire.
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